On ne grandit pas sans risques, et quand survient un accident, c’est toujours de la faute à pas de chance ! Ne surprotégez pas votre petit par crainte de " ce qui pourrait arriver " : soyez juste attentive à ne pas lui laisser prendre de gros risques et si " cela " arrive, afin de réagir le plus efficacement et le plus calmement possible en cas d'urgence, voici quelques informations et conseils sur les premiers gestes à accomplir pour faire face à certaines situations délicates.
Réagir en cas de brûlures
Les accidents domestiques qui occasionnent des brûlures sont fréquents chez l'enfant. Il s'agit le plus souvent d'enfants de moins de 4 ans avec une prédominance de garçons. Trois fois sur quatre, il s'agit d'ébouillantements, une fois sur dix du contact avec un solide chaud, plus rarement d'une flamme ou d'une brûlure électrique. La cuisine et la salle de bains sont les lieux à risque. En raison du mécanisme (ébouillantement), les lésions les plus fréquentes siègent sur la poitrine, la tête, les membres supérieurs, moins souvent les membres inférieurs.
Ce qu'il faut faire
Retirer les vêtements au contact de la zone ébouillantée. Faire couler de l'eau froide (10 degrés C) au moins pendant quinze minutes sur la zone brûlée. Donner un médicament contre la douleur. Le plus simple est d'utiliser l'un des médicaments destinés à lutter contre la fièvre. Ils ont tous un effet antalgique. La dose est celle qui serait utilisée si votre enfant avait de la fièvre. Il faut continuer les médicaments contre la douleur pendant deux à trois jours. Recouvrir d'une crème de traitement des brûlures délivrée sans ordonnance chez le pharmacien ou de tulle gras. Prendre contact avec un médecin. Il vous fera décrire la brûlure pour vous conseiller. Il doit connaître le mécanisme, la localisation, l'aspect et l'étendue de la zone brûlée.
Ce qu'il ne faut pas faire
Retirer des vêtements synthétiques brûlés par une flamme ou s'ils adhèrent à la peau . Recouvrir la brûlure avec " n'importe quoi " qui vous semble gras ou former un emplâtre, notamment avec les pâtes dentifrices, les crèmes de toilette, ou du beurre
Comment éviter
Ne jamais et sous aucun prétexte laisser un enfant seul dans la salle de bain et a fortiori dans la baignoire. L'eau " chaude " du robinet peut être brûlante. Ne jamais et sous aucun prétexte laisser un enfant seul dans la cuisine et se méfier des portes de four, des tables de petit déjeuner. Poser casserole et poêle sur la cuisinière de sorte que la poignée ne dépasse pas de la cuisinière, de la plaque chauffante. Evaluer systématiquement la température des liquides et des solides chauffés au micro-ondes avant de les servir y compris et surtout le biberon. Ne pas laisser à portée de main les bouilloires. Ecarter les enfants avant de verser un liquide chaud (eau, thé, café, lait) dans son récipient. Respecter les conseils d'utilisation et de prudence portés sur les matériels de barbecue, les allumeurs de feu de bois.
Réagir en cas d’intoxications
Les intoxications médicamenteuses
Elles surviennent à domicile, dans la salle de bains, la chambre des parents, parfois lors d'un repas en famille quand les médicaments sont à portée de main sur la table, dans une assiette.
Les intoxications par produits ménagers ou de toilette
Elles surviennent dans la cuisine, la buanderie, au garage, dans la salle de bains. Les intoxications par produits caustiques surviennent dans le garage, le jardin, au grenier, et chez les 1-5 ans l'ingestion accidentelle porte sur des substances souvent peu toxiques et en faible quantité.
Deux cas de figure d’intoxication :
Soit l'ingestion ou l'inhalation survient en présence d'un adulte. Vous réagissez immédiatement en appelant le médecin ou le centre anti-poison et vous décrivez le ou les produits toxiques concernés, les symptômes, et demandez un avis médical. - Soit vous vous inquiétez suite à l'apparition de symptômes sans raison apparente (troubles de conscience et/ou du comportement, troubles de l'équilibre, regard hagard, propos incohérents). Cela doit faire systématiquement évoquer et rechercher une intoxication. Le médecin avec votre aide dressera la liste des médicaments et toxiques présents sur les lieux de vie de l'enfant.
Ce qu'il faut faire
L'intoxication est récente, identifiée ou identifiable. Votre enfant n'a aucune manifestation anormale. Téléphonez à votre médecin, ou au Centre Antipoison de votre ville, en ayant si possible près de vous l'emballage du toxique incriminé. Il va vous questionner et se renseigner sur toutes les substances potentielles, les volumes, les horaires, les interventions déjà réalisées ou tentées. Dans tous les cas, il évaluera la quantité ingérée par la différence entre le contenu initial ou maximum de l'emballage et la quantité restante.
S'il s'agit d'un caustique : il va vous diriger vers le service d'ORL. Il ne faut pas tenter de faire vomir l'enfant. Il ne faut pas lui donner à boire. Par contre il faut laver abondamment à l'eau courante les surfaces de peau éclaboussées par le caustique.
S'il s'agit d'une substance volatile, déshabiller l'enfant des vêtements imprégnés et laver abondamment à l'eau.
S'il s'agit d'une substance non toxique, cela ne justifie ni examen ni surveillance particulière. Sachez que les substances non toxiques sont très nombreuses et de loin les plus fréquentes.
Lorsque l'intoxication est suspectée devant des troubles du comportement, mais que vous ne connaissez pas la nature du ou des produits, le médecin consulté en urgence va s'orienter grâce aux symptômes et aux analyses biologiques. La durée de la surveillance est fonction de la nature du produit.
Les chocs sur la tête
Votre enfant a été victime d'un choc sur la tête. Vous devez consulter rapidement un médecin si votre enfant à une plaie qui saigne qu'elle soit sur le crâne ou sur la face. Lorsqu'il n'a pas de plaie, le premier geste est de donner un médicament contre la douleur. Le plus simple est de lui administrer une dose adaptée à son poids de paracétamol que vous utilisés quand il a de la fièvre. Ces médicaments sont aussi de bons antalgiques. Cela fera déjà cesser les pleurs...
Ce qu'il faut faire
Si le choc a porté sur la face, il a un hématome, un "bleu". C'est anodin. Il disparaîtra sans cicatrice en une dizaine de jours. S'il est sur le nez, ou entre les sourcils, il faut se donner trois ou quatre jours avant d'aller voir l'ORL. Il n'y a aucune urgence car le spécialiste ne pourra rien diagnostiquer tant que l'hématome sera trop volumineux. Il en est de même s'il a saigné du nez et que le saignement s'est arrêté. Si le choc a porté sur le crâne, il peut avoir un hématome. C'est une bosse.
Voir le médecin d’urgence si les symptômes sont les suivants :
- Maux de tête persistant ou devenant de plus en plus violents, malgré la prise d'antalgique (antidouleur) ;
- Somnolence anormale : l'enfant peut être fatigué par le traumatisme qu'il a subi, il a donc le droit de dormir, mais il doit être facilement réveillé comme vous le faites habituellement ;
- Vomissements persistants : les enfants vomissent souvent après un traumatisme crânien. Mais le fait que les vomissements se répètent plus d'une fois (c'est donc le troisième au minimum) ou réapparaissent plus tardivement peut être un signe anormal ;
- Troubles visuels (il louche ou il voit double de manière prolongée) ou de la parole (il tient des propos incohérents) ;
- Comportement inhabituel ou anormal, troubles de l'équilibre ;
- Apparition de convulsions
Quel que soit le niveau d’urgence, ne paniquez pas. Faites-vous rassurer le plus vite possible par l’avis du médecin et ensuite, gérez la situation avec un maximum de calme et d’attention. Votre petit apprendra ainsi à gérer lui-même le stress en plus de la douleur. Il n’est pas évident de voir souffrir son bébé, mais si vous en faites un drame, vous allez accroître le sentiment d’insécurité, voire celui d’abandon de votre enfant.