Hurlements, gémissements, pleurs au milieu de la nuit : comme beaucoup de parents, cela vous affole ! Que s’est-il passé ? Quel traumatisme vit bébé ? Pourquoi fait-il des cauchemars ? Voici de quoi ôter les vôtres...
Identifier les troubles
Il existe plusieurs sortes de troubles du sommeil : l’hypersomnie (dormir trop), le somnambulisme... Mais les plus fréquents chez les enfants de 2 à 5 ans sont la difficulté de s’endormir seul, les cauchemars et les terreurs nocturnes.
Le cauchemar
Il surgit en seconde partie de nuit, c’est-à-dire pendant le sommeil paradoxal (phase qui revient environ 5 fois par nuit ou toutes les 90 minutes) et se manifeste par pics à cet âge, période de l’acquisition chez l’enfant. Dès 2 ans en effet, il fait son entrée dans le monde avec notamment le début de la socialisation et la familiarisation avec son monde intérieur. Dragons, sorcières, loups et démons peuplent l’imaginaire des enfants qui aiment à se faire peur. Seulement, quand ces créatures surgissent dans les rêves, elles font naître les cauchemars et réveillent l’enfant afin de le libérer de son insupportable frayeur. Les cauchemars ponctuent la vie de bébé quand il sait mettre des mots sur une image. Ils apparaissent lorsque le mécanisme du rêve n’a pas été suffisant pour canaliser l’angoisse de l’enfant. Derrière chaque cauchemar se cache souvent un conflit non résolu, une peur inexpliquée.
Une soupape de sécurité
Pulsions agressives, angoisses, ces sentiments forts s’expriment à travers les cauchemars de l’enfant. Elles prennent traits d’un fantôme, d’une méchante sorcière, d’un monstre caché dans la chambre... Le cauchemar est donc pour l’enfant une véritable soupape de sécurité. Pourtant, il lui est impossible d’en venir à bout tout seul par le biais de l’imagination, et rêve et le jeu. La frayeur peut être intense mais contrairement aux terreurs nocturnes, il y a peu de manifestations physiques.
Cet état n’est pas à banaliser. Dire " Ce n’est rien " n’est pas rassurant pour l’enfant. Ce qu’il éprouve est réel pour lui : il est impératif de dialoguer avec lui sans mettre en cause la véracité de sa peur, et lui expliquer qu’en cas de danger réel, ses parents seront toujours près de lui pour le défendre. N’entrez pas dans son jeu en regardant sous le lit, dans le placard, ou en l’invitant dans votre lit ! Rassurez-le calmement et laissez-le retrouver son sommeil.
Les terreurs nocturnes
Il se peut que vous confondiez cauchemars et terreurs nocturnes. Pourtant ce ne sont ni les mêmes causes, ni les mêmes effets, ni les mêmes prises en compte. La terreur nocturne repose sur des données cliniques bien définies. Ce trouble du sommeil, assez fréquent chez le jeune enfant, est en réalité un trouble de l’éveil brusque qui survient lors du sommeil lent et profond. Alors que l’adulte se réveille le coeur battant et sort de son sommeil pour tenter de se calmer, l’enfant se réveille rarement. La terreur nocturne survient dans les trois premières heures de sommeil et peut durer plusieurs secondes à plusieurs minutes. Statistiquement, la plupart des enfants ont des terreurs nocturnes occasionnellement dans leurs premières années de vie. Ce trouble du sommeil touche davantage les enfants entre 3 et 6 ans et particulièrement les garçons.
Symptômes
L’enfant s’assied sur son lit, se met brutalement à hurler, à se débattre. L’air hagard, yeux ouverts et pupilles dilatées, poils hérissés, il formule des propos incohérents. Autres symptômes, la pâleur du visage, les rougeurs diffuses sur le corps, la tachycardie, les poussées de sueur... Le lendemain, il ne se souviendra de rien. Cette amnésie et cette impossibilité à mettre des mots sur ses frayeurs est caractéristique. Enfin, contrairement au cauchemar qui ramène l’enfant à l’éveil, en cas de terreur nocturne, mieux vaut ne pas intervenir. L’enfant va se rendormir spontanément. Si vous essayez de le calmer, il risque d’adopter le réflexe de fuite : se mettre à déambuler violemment dans la chambre.
Caractéristiques des terreurs nocturnes
Les spécialistes reconnaissent quatre degrés de comportements :
- A la fin d’un cycle de sommeil lent et profond, l’enfant s’agite dans son lit, remue légèrement, ouvre les yeux un instant, mâchonne, marmonne un peu et se rendort.
- L’enfant parle en dormant, tient des discours incohérents de quelques mots. Si on lui pose une question, il ne répond pas.
- Au milieu de son sommeil, l’enfant s’assied dans son lit avec une expression hagarde, regarde dans tous les coins tout en étant toujours inconscient. Puis il se recouche et reprend son sommeil.
- L’enfant paraît terrifié. Il pousse des fris, il appelle au secours. Ses yeux sont hagards et ses pupilles dilatées. Il semble pris d’une panique indescriptible. Lui parler, le prendre dans vos bras ne change rien. En fait, il dort et dès qu’il se recouche, il reprend son cycle de sommeil. L’éveiller le met dans un état de confusion et provoque des " neurovégétatives " désagréables d’où angoisse, malaises qui peuvent provoquer une multiplication et une prolongation des terreurs nocturnes ou favoriser le passage à un degré plus sévère. Bien que spectaculaires, ces manifestations font partie intégrante du processus de croissance et ne sont pas dangereuses pour la santé physique ou mentale de l’enfant.
Quoi qu’il arrive, réagissez de la même manière : avec calme, patience et pondération.
Que faire lorsque l’enfant se réveille la nuit ?
S’assure d’abord qu’il est en sécurité dans son lit et confortablement installé.
Faire et dire le strict minimum. En effet, les interventions prolongées ont tendance à encourager l’enfant à recommencer.
Rester auprès de lui aussi peu de temps que possible.
Embrasser l’enfant, lui dire les quelques mots de bonsoir habituels et quitter sa chambre.
Ne pas réveiller un enfant en proie à des terreurs nocturnes. Cela aurait pour effet de prolonger le malaise- Consulter un spécialiste si la fréquence des troubles du sommeil devient importante. .
Les bonnes habitudes pour que cela n’arrive pas
Choisir des activités calmantes en fin de journée : dessin, lecture, vidéo...
Effectuer, si nécessaire, un massage, très efficace surtout avec les enfants au tempérament nerveux- Etablir un rituel préparatoire juste avant le coucher, par exemple, lavage des dents, câlins, histoires, ...
Utiliser toujours la même formule pour signifier l’heure de dormir : Bonne nuit mon coeur, je t’aime, à demain... Soir après soir, ces paroles ont le mérite de faire passer un message clair.
Utiliser si nécessaire un objet transitionnel (animal en peluche, poupée, ...) afin de l’aider dans la phase d’endormissement, particulièrement entre ses 2 et ses 4 ans.
Coucher et lever votre enfant à des heures régulières.
Vous n’êtes pas la seule
- 99% des enfants font des cauchemars entre 2 et 4 ans.
- 30% des enfants font encore des cauchemars après 6 ans.
- 90% des enfants connaissent des terreurs nocturnes.
- 4 enfants sur 5 ne dorment pas sans l’aide d’un objet transitionnel (peluche, poupée, ...)
- 10 filles contre 7 garçons en moyenne sont sujettes aux cauchemars.
- 10 garçons contre 6 filles en moyenne sont sujets aux terreurs nocturnes.
- 5 à 10% des enfants de tout âge sont perturbés par des cauchemars.